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30.01.2017

Blockchain : des applications cohérentes au-delà du bitcoin

La blockchain : tout le monde en a entendu parler, mais (presque) personne ne sait vraiment ce que c’est. Les 220 participants à la Conférence TechnoArk de Sierre le 27 janvier dernier ont eu droit à plusieurs études de cas, dont certaines ont démontré les bienfaits de cette technologie innovante inspirée du bitcoin. C’est notamment le cas de la santé (gestion des données médicales), mais également de l’énergie, du jeu en ligne et du transport aérien. C’est en revanche plus compliqué au niveau du droit suisse, qui n’est pas encore prêt à absorber les changements de paradigmes induits par cette nouvelle technologie. Les impacts sur la société ne sont également pas à négliger. 

Pour la 12e fois consécutive, la Conférence TechnoArk s’est déroulée à Sierre à fin janvier dernier. Elle a permis cette année de faire un état des lieux de l’utilisation de la blockchain dans divers pans de l’économie. « La blockchain implique une mutation des tiers de confiance : cela va changer le modèle actuel de l’économie », a souligné Laurent Sciboz, directeur des instituts du TechnoArk, en ouverture de la manifestation.

La technologie blockchain trouve son origine avec le bitcoin, lancé à fin 2008. « C’était à la base une expérimentation pour faire du cash digital de pair à pair », a précisé Antoine Yeretzian, cofondateur de Blockchain France. Reste qu’il est selon lui difficile de donner une définition précise de la blockchain. Il s’agit avant tout d’un registre sur lequel on inscrit l’ensemble des transactions qui ont lieu sur le réseau. « Ce registre n’est pas conservé sur un seul serveur unique, comme les bases de données traditionnelles. Cela permet de sécuriser les échanges ». A partir de cette infrastructure, il est possible de construire des applications. Et ces dernières couvrent des domaines très différents. 

La finance et les assurances sont bien entendu impactées, comme l’a montré Michele Forte de Ti&m. Mais les implications de la blockchain vont bien au-delà. Mike Gault, de l’entreprise Guardtime, a montré comment l’Estonie avait bâti, grâce à la blockchain, une nation 100% numérique, ou presque. De l’e-citoyenneté au e-voting, en passant par les données de santé, la blockchain fait désormais partie intégrante du modèle estonien.  

 

De la blockchain aussi pour les bornes de recharge
La blockchain est également utilisée dans le domaine des locations en ligne. La start-up allemande slock.it connecte par exemple des objets physiques à la blockchain. « Ceux-ci peuvent ainsi dialoguer entre eux. Cette technologie permet d’ouvrir la porte d’une maison louée sur internet, en reconnaissant la personne qui a payé pour cela via son smartphone. C’est l’économie du partage du futur qui se met en place », note Stephan Tual, cofondateur de la start-up. 

Des applications concrètes sont également en place dans le domaine de l’énergie et des stations de recharge de véhicules électriques. Des stations autonomes ont été installées chez des particuliers ou dans la rue, via le distributeur allemand RWE et connectées à la blockchain. « Ce système permet de louer les installations à d’autres utilisateurs. On revend l’énergie à d’autres particuliers et on rentabilise ainsi son investissement, tout en augmentant le nombre de stations disponibles », a souligné Stephan Tual. 
 

 

Des jeux en ligne aux drones suisses
La blockchain est également applicable dans des domaines plus ludiques, notamment les jeux vidéos en ligne. Everdreamsoft utilise la blockchain pour des jeux de cartes numériques, afin que chaque carte soit unique et pour sécuriser les échanges. « Avec la blockchain, le jeu appartient désormais aux joueurs, et plus aux développeurs. Ils peuvent vendre et échanger des cartes qui ne sont pas liées à une base de données unique », précise Markéta Korteová, marketing manager chez Everdreamsoft.  

La blockchain permet également des avancées concrètes dans la création d’un registre national des drones en Suisse et ainsi faciliter leur trafic. C’est ce qu’a souligné Stephane Cheikh, de SITA. « La prochaine étape est de se connecter aux drones, afin d’avoir l’information de localisation en direct. Ce serait une étape importante pour SkyGuide, pour avoir des nofly zones par exemple ».

 

« Nous amener vers quelque chose de nouveau »
Bien que les possibilités d’utilisation de la blockchain soient innombrables, il y a à l’heure actuelle « bien plus de questions que de réponses dans le domaine juridique concernant la blockchain », a expliqué Nicolas Capt, avocat associé chez Capt & Wyss. Le bitcoin, par exemple, n’est aujourd’hui pas considéré comme une chose matérielle et son titulaire ne bénéficie d’aucune protection juridique. Pour Nicolas Capt, la réponse à apporter à cette nouvelle technologie doit être globale avec, à terme, « une régulation sous la forme d’un traité international qui uniformiserait et mettrait un cadre à ces questions. Mais ça, c’est de la musique d’avenir. »

La technologie blockchain est considérée comme une deuxième révolution, après la démocratisation de l’information engendrée par internet. L’information, cristallisée dans le monde virtuel, peut maintenant interagir avec le monde physique et exécuter ce qui lui est demandé sans le contrôle d’un pouvoir central, ce qui marque un profond changement dans le fonctionnement de notre société. Gian Bochsler, fondateur de Bity, a conclu cette douzième édition de la Conférence TechnoArk en soulignant que « la blockchain était là pour solutionner, faciliter et nous amener vers quelque chose de nouveau. »

 

Retrouvez les échos de la Conférence TechnoArk ci-dessous.

La Conférence TechnoArk était filmée par Klewel. Les présentations vidéos sont désormais en ligne.

 

Propos recueillis le 27 janvier 2017

 

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