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31.08.2017

Collaborer plutôt que de se faire concurrence, pour garantir l’approvisionnement

Table ronde Smart Energy 2017
Table ronde Smart Energy 2017
Table ronde Smart Energy 2017
Table ronde Smart Energy 2017

Les acteurs des différents niveaux du réseau électrique suisse doivent collaborer et non pas se concurrencer, avec comme but final d’assurer l’approvisionnement énergétique. Reste que le marché est actuellement distordu, entre des producteurs de certains domaines qui souffrent et des distributeurs qui se portent bien. Le politique est en train de réfléchir à agir, comme l’a précisé le conseiller national Yannick Buttet lors de la table ronde organisée dans le cadre de la journée nationale Smart Energy.

Cette table ronde a été modérée par Jean-Albert Ferrez (Energies Sion Région). Elle a réuni des acteurs du réseau électrique suisse, dont Swissgrid. Il a été question de la collaboration entre les protagonistes. « Dans un contexte de changement fondamental des moyens de production, il ne faut pas que les différents niveaux de réseaux soient en concurrence. L’essentiel est vraiment de collaborer et d’assurer la disponibilité de l’énergie pour les clients finaux », précise Stéphane Maret, directeur de la Gestion des Réseaux de Distribution aux Services Industriels de Genève (SIG).
 

Travailler dans le même sens pour que la Suisse redevienne précurseur
Christian Schaffner, directeur de l’Energy Science Center de l’EPFZ, abonde dans le même sens. « Les opportunités de collaboration sont grandes. Il faut réunir tous les acteurs du domaine pour travailler dans le même sens ». Cela permettra ainsi à la Suisse de retrouver son rôle de précurseur qu’elle avait avec l’éclosion de l’hydraulique et qu’elle a perdu depuis.

« Nous avons une très bonne infrastructure, de la main-d’œuvre qualifiée, des instituts de recherche compétents et les moyens financiers. Sur cette base, la Suisse pourrait avancer plus vite et plus loin ». Par exemple en automatisant les bâtiments ou en développant encore davantage l’électro-mobilité. La Suisse, avec ses courtes distances, est adaptée pour le faire et montrer l’exemple. « Reste que pour l’heure, le monde de la recherche attend une collaboration plus active avec l’industrie, notamment pour le partage de données et de savoir-faire ».
 

L’argent est là, mais mal réparti
Au niveau politique, le conseiller national Yannick Buttet, qui a accompagné le processus de la stratégie 2050, se plait à sentir un changement de mentalité au sein de la population. « Le risque maintenant est que nous n’ayons pas les moyens de nos ambitions ».  

Dans les couloirs du Parlement suisse, on ne parle plus de la stratégie énergétique, mais plutôt de la stratégie réseau. Comment faire pour que la Suisse reste une plaque tournante de l’énergie en Europe ? Comment mettre en œuvre au niveau réseau les objectifs de la stratégie 2050 ? Le CO2 est également une préoccupation du Parlement, selon Yannick Buttet, tout comme le « design » du marché, notamment pour l’hydroélectricité.

« L’argent n’est pas réparti équitablement entre les distributeurs et les producteurs, qui ont des soucis et pas de clients finaux ». Or, il y a assez d’argent disponible dans le domaine. « Il ne s’agit pas de nationaliser le système, mais de pouvoir financer les producteurs avec l’argent des distributeurs. Dans les faits, le marché actuel n’est pas libéralisé : c’est l’une des causes principales du système actuel. Cela crée des déséquilibres et des dysfonctionnements, que le politique doit régler ».

 

Propos recueillis le 25 août 2017

 

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