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30.06.2016

Exportations: comment minimiser les risques financiers

Produire pour des marchés étrangers implique une série de risques ainsi que des besoins spécifiques en liquidités. Pour faire face à ces situations complexes, des assurances existent, notamment celle de la SERV. Explications

Remporter un contrat important à l’étranger peut être à double tranchant, particulièrement pour une petite entreprise. Un mandat conséquent offre du travail et une notoriété incontestable, mais ses implications financières peuvent aussi mettre l’existence même de la société en danger.

"Dans les opérations d’exportation, il existe – selon le pays et le client – un risque plus ou moins grand de non-paiement des prestations fournies", explique Herbert Wight, directeur de l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation SERV. A cela s’ajoutent des besoins particuliers, qui supposent d’engager directement beaucoup de liquidités: garanties de prestation à fournir au prestataire final, préfinancement de la production, assurance contre le risque de non-livraison, etc. Autant d’opérations qui nécessitent une bonne trésorerie, ou la possibilité de recourir à des crédits bancaires. C’est ici qu’une entreprise peut se heurter aux limites ou aux exigences fixées par les banques.

Une assurance publique
Ces situations sont bien connues de la SERV. Cette organisation de droit public fait partie des nombreux acteurs – tels qu’assurances, banques, etc.- qui proposent des services de garantie aux entreprises suisses actives à l’étranger. Sa spécificité? "Nous avons un mandat du Conseil fédéral qui est de soutenir les exportateurs, explique Herbert Wight. Etant un service étatique, nous proposons des assurances en complément des offres privées. Nous nous positionnons là où d’autres ne proposent pas d’offres, entre autres car les risques sont trop élevés, ou car la rentabilité de l’opération n’est pas intéressante pour eux". Au 31 décembre 2015, la SERV, autofinancée, a couvert des risques à hauteur de CHF 10,7 milliards.

Défaut de paiement et manque de liquidité
L’organisme aide notamment les entreprises à surmonter deux types de risques. "Le plus couramment, une PME a deux soucis, décrit Herbert Wight. Elle peut, d’abord, manquer de liquidités, soit au moment de la production, soit au moment de la livraison, car une grande commande implique beaucoup de dépenses et sa banque lui impose des limites de crédit. Ensuite, elle peut connaître des défauts de paiement de la part de son client final, pour des raisons politiques ou économiques."

Quelle que soit la formule ou le produit choisi, "c’est toujours la SERV qui assume le risque financier et permet à l’entreprise de se voir octroyer un crédit auprès de sa banque ou son partenaire financier sans affecter sa liquidité“, résume Herbert Wight.

C’est ce dernier aspect qui est particulièrement important pour les petites entreprises. Une PME modeste de 30 personnes comme CTU (Clean Technology Universe) à Winterthur, spécialisée dans l’élimination de déchet chimiques, peut ainsi éviter de prendre des risques trop conséquents lorsqu’elle s’engage sur un marché important, au Proche-Orient par exemple. Lors d’une commande de CHF 10 millions, CTU a ainsi été tenue de se prémunir contre un risque de garantie abusive de son client, ce qui supposait de disposer d’importants fonds propres. "L’émission d’une telle garantie aurait fortement limité la liquidité de notre entreprise et entravé la réalisation de ce contrat. La SERV a pu résoudre ce problème en accordant une assurance de garanties contractuelles et une garantie de bonds, ce qui a permis à CTU de préserver ses liquidités", résume Massimo Masciali, CFO de l’entreprise. Seule contrainte? "Des démarches administratives importantes", reconnaît ce dernier. Mais qui "ne retiendront pas" la PME de solliciter la SERV si nécessaire à l’avenir.

De l’ingénierie à la production
Le montant des primes varie en fonction de différents facteurs, dont les niveaux de risque du pays concerné et de l’entreprise exportatrice. Mais le SERV n’impose pas de restrictions particulières en terme de taille minimale de l’entreprise ou de montant de commande: "Nous avons déjà assuré des services pour des primes de cinq francs", se souvient Herbert Wight.

Les offres de la SERV s’appliquent à tous les secteurs –hormis la défense-, notamment pour les exportations de services tels que des contrats de mise à disposition de savoir-faire ou des travaux d’ingénierie. Seule condition: disposer d’un siège en Suisse et que l’opération d’exportation comprenne une part de valeur ajoutée suisse.
 

Sourcewww.kmu.admin.ch
Crédit photowww.serv-ch.com

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