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05.07.2018

Innovation: les drones facilitent déjà la vie des centres médicaux

Digital Health Connect - Janick Mischler

En mars 2017, la Poste Suisse a lancé un programme de drones autonomes. Le projet est déployé dans la ville de Lugano. Concrètement, deux centres hospitaliers sont reliés à l’aide de drones qui transportent des échantillons de sang ou des médicaments. Ces solutions autonomes vont-elles révolutionner notre société ? Janick Mischler, responsable du programme livraisons autonomes auprès de la Poste suisse, a abordé ce sujet innovant lors de la conférence Digital Health Connect du 15 juin 2018.

L’équipe de Janick Mischler s’est concentrée sur la santé et plus particulièrement sur les échantillons de sang et les médicaments, car ce sont des charges légères et qui doivent être remises rapidement. Les premiers tests de drones livreurs ont déjà été effectués il y a trois ans. Au départ, ce n’était pas des vrais échantillons qui étaient transportés. Mais depuis, beaucoup d’améliorations ont été apportées et les drones sont désormais pleinement opérationnels. Depuis octobre 2017, les drones livreurs ont effectué plus de 500 transports de médicaments à Lugano. 
 

Autorisation de vol
Il faut bien comprendre que les drones sont pleinement autonomes. « Ils sont programmés pour atteindre leur cible, mais personne ne les dirige à distance via un centre de contrôle ou une manette », précise Janick Mischler. Si le système GPS devait tomber en panne, c’est une connexion satellite qui reprendrait les choses en main. Le drone possède également un système autopiloté et est doté d’un parachute pour les cas les plus extrêmes. Toutes ces précautions ont été prises pour répondre aux critères stricts de l’Office Fédéral de l’Aviation Civile. En effet, les drones autonomes sont soumis aux mêmes critères de sécurité qu’un petit avion. D’autres acteurs ont également dû donner leur autorisation pour le vol des drones autonomes : la REGA, la ville, la police et les pompiers de Lugano.
 

Caractéristiques et mise en place
Les drones de la Poste suisse peuvent voler jusqu’à 72 km/h et porter jusqu’à deux kilos de charge. S’il y a trop d’intempéries, le drone ne peut pas voler et un moyen auxiliaire de transport est mis en place. Ainsi, lorsque la météo est mauvaise, le temps de transport est estimé entre 5 et 30 minutes. « A Lugano, pour mettre un tel système en place, il a fallu 18 mois. Maintenant que le procédé est rodé, il faut compter entre 6 et 9 mois pour une installation complète », selon Janick Mischler. Les utilisateurs peuvent payer par vol ou par forfait.
Les avantages sont multiples : limitation du temps de transport, aucune dépendance au trafic (bouchons ou feux rouges), économie en terme de coût direct et indirect, solution durable qui réduit les émissions de CO2 et désengorge le trafic routier.


Exemples concrets
Janick Mischler donne l’exemple du laboratoire pour les analyses de sang qui est fermé la nuit. Les drones, eux, fonctionnent 24 heures sur 24. Puisque le laboratoire était fermé, les infirmiers devaient faire appel à un taxi et le processus prenait entre 30 et 45 minutes. « Aujourd’hui, la livraison se fait par drone et dure entre 3 et 4 minutes ». Ceci a aussi un impact économique. En effet, avant les employés passaient entre 15 et 20 minutes à attendre le taxi. Aujourd’hui, comme les drones sont toujours disponibles, le temps d’attente est nul.


Et dans le futur ?
L’idée principale de Janick Mischler est d’utiliser le même procédé que celui de Lugano, mais à plus grande échelle. Pour l’instant, le transport se fait entre deux centres hospitaliers. Pourquoi ne pas élargir ce système aux pharmacies et aux laboratoires ?
D’autres villes pourraient également faire partie intégrante du projet. Janick Mischler donne l’exemple de Zürich qui accueille divers évènements. Durant la Street Parade, par exemple, le pont qui relie les centres hospitaliers est fermé. Le transport d’échantillon peut prendre alors jusqu’à deux heures, car le taxi devra totalement contourner la manifestation. Les drones pourraient prendre la voie directe et le temps de trajet ne prendrait plus que 7 minutes. 

« Ceci n’est que le début », entonne Janick Mischler. Le but avoué est de construire un immense réseau de livraisons par drones autonomes. « Les frais de livraison seraient alors tellement réduits que nous atteindrions un nouveau niveau de centralisation. Les hôpitaux n’auraient même plus besoin d’avoir chacun leur propre laboratoire. », conclut-il. 


Propos recueillis le 15 juin 2018 au TechnoArk de Sierre


 

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