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10.06.2014

Journée e-health 2014: garder le patient au centre de la santé numérique

IMG_0312Les données qui touchent à la santé sont de plus en plus nombreuses et prennent de plus en plus d’importance. Elles doivent être synthétisées et simplifiées pour qu’elles soient comprises et utilisées par la population, par exemple via des applications mobiles. C’est ainsi que le smartphone pourrait devenir rapidement un véritable «hub» pour traiter et recevoir toutes les informations santé des individus. Quoi qu’il arrive et malgré toutes les opportunités offertes par les nouvelles technologies et la santé numérique, le patient doit rester au centre des démarches. Tels sont les principaux constats qui sont ressortis de la 2e édition de la journée e-health, qui a eu lieu vendredi dernier au TechnoArk de Sierre.

Quel que soit notre lieu de résidence dans le monde, les problèmes sont les mêmes: maladies chroniques, obésité, qualité, réduction des coûts, implication du patient souhaitée... Il est donc important de partager les bonnes pratiques et produits. C’est justement le but de la journée e-health, organisée par la Fondation The Ark et la HES-SO Valais Wallis. Ouverte par la conseillère d’Etat valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten, elle a réuni environ 150 personnes. Elle a pris le parti de montrer ce qui se fait ailleurs, avec des projets concrets.

C’est ainsi que James G. Adams, médecin-chef du Northwestern Memorial Hopital de Chicago, a partagé les expériences pratiques au sein de son hôpital, qui comprend 11’000 employés et 1’050 médecins. Selon lui, malgré la technologie, la relation entre le patient et le docteur est très importante et doit perdurer. «Les médecins, en particulier les jeunes, ne doivent pas aimer davantage les technologies que les patients!», rappelle James G. Adams.

Plus d’ordonnances papier en Suède
Jonas Ekström, directeur médical de l’hôpital Sala de Västmanland (Suède), a pour sa part rappelé que les ordonnances papier n’existaient pratiquement plus en Suède. Tout se fait par voie électronique. «Toutes les pharmacies, même privées, sont reliées au système, qui fonctionne via des cartes électroniques des patients».

La Suède travaille également sur la généralisation d’un formulaire électronique rempli par le patient. «Cela permet d’avoir des informations utiles avant même la visite à l’hôpital ou chez le médecin». Un travail est aussi entrepris sur une base de données commune à toute la branche médicale. «Le citoyen pourra décider de qui peut avoir accès à quelles données. La confidentialité des données reste toutefois un défi».

Impact économique durable à prévoir pour le e-health
Jörg Schwarz, directeur du Business Dévelopment chez Agfa HealthCare, a souligné l’importance de l’impact économique du e-health, qui doit être durable. «Il faut introduire des indicateurs de performances dans le e-health, à l’instar de ce qui se fait dans d’autres industries», a-t-il précisé. Cela sera par exemple utile si l’on veut modifier les business models et payer les prestations en fonction des résultats et non plus du nombre d’interventions médicales.

Il s’agit également d’observer et de comparer les prestataires de services, comme les hôpitaux. Le but serait de déterminer quels hôpitaux ont les meilleurs résultats et quelles sont les méthodes utilisées par les meilleurs d’entre eux, pour qu’elles soient appliquées aux autres. «Il est donc important de mesurer les résultats et de rendre cela plus transparent pour améliorer la qualité. L’échange d’information entre le patient et les soignants est aussi très important dans ce contexte», selon Jörg Schwarz.

Réduire les coûts sans diminuer la qualité
Par ailleurs, sur cette base, il est possible de réduire les coûts si la qualité est meilleure. «C’est une bonne nouvelle pour les politiciens, puisque l’on ne doit pas choisir entre la qualité et les coûts». Et la technologie doit participer à cet effort.

La santé mobile est l’un des outils utiles pour améliorer la santé des gens. De nombreuses applications existent sur le marché. C’est notamment le cas de la plateforme Dacadoo, présentée par son COO Manuel Heuer. Celle-ci applique les codes des jeux vidéo aux outils de suivi de la santé. «Pourquoi est-ce que les gens ne changent pas de comportement dans le domaine de la santé? Parce que c’est difficile! La technologie ne suffit pas à les convaincre de faire davantage de sport, de fumer moins. Il faut toucher les gens dans leur motivation, leurs émotions. Pour cette raison, la technologie doit être accompagnée du jeu (motivation ludique)», selon Manuel Heuer.

Application brésilienne en vedette
La start-up brésilienne Carenet a également développé une application ludique. Couplée à un capteur de mouvement et à un smartphone, elle veut, comme celle de Dacadoo, faire changer le comportement des gens. L’application de Carenet analyse le sommeil, les mouvements, le corps et l’alimentation. Le dossier numérique de Swisscom (Evita) ou le patch à insuline de la start-up valaisanne Medirio, qui vise à améliorer le traitement du diabète, sont d’autres exemples concrets de la santé numérique présentés à Sierre.

On l’a vu: la santé devient de plus en plus mobile, mais également de plus en plus participative. Le patient est amené à intervenir et à bénéficier de soins sur mesure. Jennifer Andersson, responsable des admissions de l’hôpital de Chicago, a présenté le concept de kiosque pour les admissions automatiques, faites par les patients directement sur des machines.

Le Valais bien présent
L’entreprise Biovotion a quant à elle détaillé son outil de suivi des patients souffrant de maladies chroniques. De son côté, BioKaizen Lab a présenté sur son outil, qui permet de prédire le développement de maladies comme le cancer de la prostate grâce à des marqueurs biologiques ou «biomarqueurs». La méthodologie est calquée sur ce qui se fait pour le passeport biologique des athlètes.

Le Valais est bien présent dans le domaine de la santé numérique, avec des start-up, des instituts de recherche (HES-SO Valais) mais également une volonté politique. Lors de son introduction, la conseillère d’Etat Esther Waeber-Kalbermatten a rappelé que le canton était l’un des premiers cantons suisses à avoir lancé le dossier du patient informatisé. L’observatoire valaisan de la santé, présenté par son directeur Luc Fornerod, est aussi unique en Suisse.

Toutes ces initiatives - en Valais, en Suisse ou ailleurs - montrent que la santé numérique va bientôt faire partie intégrante de nos vies. Une révolution est en marche, grâce notamment à la technologie.


Informations et présentations disponibles sur www.theark.ch/e-health


Propos recueillis le 6 juin 2014

 

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