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29.01.2018

La mesure de soi au cœur de la Conférence TechnoArk

Sébastien Fanti et Laurent Haug

Près de 160 personnes ont assisté vendredi dernier à la 13e édition de la Conférence TechnoArk à Sierre. Cette manifestation est l’une des plus anciennes conférences technologiques de Suisse romande. Des orateurs de tous horizons se sont succédés pour traiter du Quantified Self dans le sport et la performance, sous différents angles : applications concrètes, juridiques, psychologiques… Sans surprise, la question des données et de leur traitement a occupé une bonne partie de la journée. 

« L'événement était quasi parfait : un rythme aéré qui a permis du networking et des interactions, un superbe choix de speakers, une salle remaniée. La Conférence TechnoArk n'a vraiment rien à envier à ce qui se fait dans les grandes capitales européennes », a précisé Laurent Haug, modérateur de la journée, à l’issue de la manifestation.

La conférence a été ouverte vendredi matin par Laurent Sciboz, directeur des instituts du TechnoArk et Christophe Darbellay, conseiller d’Etat valaisan en charge de l’économie. L’occasion pour ce dernier de rappeler le rôle de l’Etat dans le Quantified Self et les technologies en général. « L'Etat doit assurer que ces évolutions ne nuisent pas à la sphère privée, mais également créer des conditions-cadres favorables pour les innovations ». Cela implique de proposer des formations transversales ainsi que des plateformes de transfert technologique. « Quoi qu’il en soit, c’est une opportunité d’inscrire de nouvelles compétences sur la carte de visite de notre canton, notamment grâce aux activités d’accompagnement de la Fondation The Ark ». 

 

Rendre de l’autonomie et du pouvoir
Carine Coulm, entrepreneuse et coordinatrice du Quantified Self Paris, a ensuite fait une introduction au domaine. Selon elle, le Quantified Self nous rend de l’autonomie et du pouvoir. En effet, on se connaît davantage et on peut agir en amont sur nos comportements. Carine Coulm a également évoqué ce qui nous attend dans ce domaine. Cela va passer par de l’électronique souple qui se tatoue sur la peau, par des capteurs de la taille d’un grain de riz insérés sous la peau ou encore des capteurs que l’on peut ingérer pour vérifier la température de notre corps. 

L’intelligence artificielle va également permettre de développer le domaine. « Imaginez que demain, votre coach soit matérialisé dans votre montre. Ce dernier a toutes vos données et peut ainsi vous comparer avec d’autres personnes du même type, et vous donner les clés de la réussite afin d’atteindre vos objectifs de santé ou de performance ». 

 

Diminuer la part de hasard
Patrick Flaction, entraîneur de nombreux athlètes de haut niveau, a livré son expérience sur l’utilisation des technologies dans le suivi de l’entraînement. Selon lui, la technologie et les mesures de performance permettent de diminuer la part du hasard, d’être plus efficace, de valider les choix pris dans les plans d’entraînements, d’éviter les blessures, de gagner du temps et, in fine, d’améliorer les performances. Avec sa start-up Elitment, il a développé une application de suivi des entraînements. Ces derniers sont accessibles en tout temps et peuvent être changés en temps réel. 

Deux autres présentations ont permis de détailler des applications concrètes : O2Score et Dartfish. Philippe Monnier-Benoît a ainsi présenté la solution O2Score, une application qui mesure, à partir d’une goutte de sang, l’état de récupération d’un sportif. Jean-Sébastien Mérieux, CEO de la PME fribourgeoise Dartfish, a pour sa part mis l’accent sur l’importance du tri des données reçues dans le Quantified Self, afin de garantir des données efficaces et utiles. 

 

Projets valaisans
L’après-midi a débuté par une présentation de projets de recherche appliquée au sein de la HES-SO Valais Wallis. Nicolas Délétroz a tout d’abord présenté Santour, qui vise à favoriser la pratique sûre et adaptée de la randonnée en montagne, grâce notamment à la technologie. Le professeur Dominique Genoud a pour sa part présenté des travaux dans le domaine de la prévention des chutes pour les seniors, également grâce à la technologie et l’analyse des données, via du Machine learning. 

Mathias Humbert, du Swiss Data Science Center, a ensuite parlé du séquençage du génome humain, qui est une forme ultime de Quantified Self. Le séquençage du génome, tout comme les données biomédicales en général, sont très difficiles à protéger. Pourtant, la recherche en a besoin pour progresser.

 

Le téléphone traqueur est déjà dans notre poche
Au cours d’un brillant exposé, Sébastien Fanti, préposé cantonal à la protection des données, a pour sa part souligné que le champ des données est infini. Sur la base des données disponibles, on peut faire un profil complet des personnes. « Je suis d’accord d’affiner les données pour prévenir les maladies, mais pas pour des raisons économiques ou commerciales. Et pourtant… le téléphone qui nous traque est déjà dans nos poches. Reste maintenant à modifier la base légale et on y est ». 

Sébastien Fanti a également mis le doigt sur le nouveau Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), qui entrera en vigueur en mai prochain et qui aura de forts impacts pour les entreprises qui font du commerce avec des clients de l’Union européenne.  

La journée s’est conclue par un dialogue entre Laurent Haug, modérateur de la journée, et la psychologue française Vanessa Lalo, spécialisée dans le numérique et ses impacts. Ce dialogue s’est focalisé sur les aspects sociologiques de la technologie et du Quantified Self.

 

Interventions filmées
La 14e édition de la Conférence TechnoArk aura lieu le 25 janvier 2019. Les présentations de la Conférence ont été filmées par la start-up valaisanne Klewel, avec synchronisation avec les slides des orateurs. Elles sont disponibles sous ce lien


Propos recueillis le 26 janvier 2018, lors de la Conférence TechnoArk

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