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13.03.2018

Le Quantified Self : pour gagner en autonomie et reprendre le pouvoir !

Le Quantified Self, ou mesure de soi, est l’une des ressources nécessaires à la santé digitale. Il permet aux êtres humains de gagner en autonomie et de reprendre le pouvoir. La multiplication des capteurs et des données offre la possibilité d’être plus conscient de notre corps, de notre environnement et des interactions entre les deux. Tel est l’avis de Carine Coulm, coordinatrice du Quantified Self Paris et entrepreneuse.

Le Quantified Self est la connaissance de soi par l’automesure, les nombres et la technologie. « Dans l’histoire, l’homme s’est toujours mesuré », rappelle Carine Coulm, qui prend l’exemple de Pierre Le Grand, dans les années 1700. A Spa, ville thermale en Belgique, on pratiquait la cure d’ingestion d’eau. Le nombre de gobelets ingurgités était compté sur un cadran en ivoire, porté autour du cou par les curistes.

 

Le lancement de l’iPhone, élément décisif
Mais la première révolution de la mesure de soi intervient en 2007, avec l’arrivée de l’iPhone. « Cela devient la télécommande et l’objet connecté de toutes les applications ». L’autre élément essentiel a trait à la loi de Moore, le fondateur d’Intel. En 1959, il prédit que le nombre de transistors des microprocesseurs sur une puce de silicium doublerait tous les deux ans grâce à la miniaturisation de l’électronique. Nous pouvons ainsi avoir de plus en plus de mémoire sur des espaces de plus en plus petits. « De nos jours, un accéléromètre peut mesurer moins d’un millimètre et des capteurs peuvent se glisser dans des bagues ». 

Toujours en 2007, en parallèle à la sortie de l’iPhone, un mouvement Quantified Self, fondé par deux éditeurs au magazine Wire, se créée. Ils en font une marque déposée et fédèrent une communauté d’early adopters dans leur sillage. « Des évènements en lien avec cette thématique sont maintenant organisés dans une centaine de villes dans le monde ». 

Dans l’une de ces manifestations, Carine Coulm a fait la connaissance de Sara, atteinte de la maladie de Parkinson. Tout en marchant, elle courait le risque de chuter suite à la paralysie de ses membres inférieurs. Elle s’est donc bardée de capteurs pour se monitorer et envoyer des impulsions électriques dans ses muscles lorsqu’un risque de chute était imminent. « Dorénavant, elle se mesure 24 heures sur 24, mais elle ne voit son médecin qu’une fois par an. Le Quantified Self lui permet ainsi de gagner en autonomie et de reprendre le pouvoir ».  

 

700 types de données analysées
Le but de se quantifier est de s’améliorer. « L’expérience la plus significative est celle que j’ai eue avec un Lumoback : une ceinture qui capture la position de votre dos et vous envoie de petites vibrations quand il faut se redresser. En trois semaines, ma posture a changé, ce que je ne croyais pas possible ». Certains objets ne deviennent plus utiles au bout de quelque temps. Mais c’est parfois pour la bonne cause puisque le changement a eu lieu ! 

Carine Coulm a également pris l’exemple de Chris Dancy, l’un des plus grands quantied-selfer au monde : il a testé la mesure de 700 types de données personnelles : spiritualité, environnement, travail, argent, santé, voyages… Il est parvenu à des conclusions parfois étonnantes, comme le fait que la luminosité de certains restaurants le faisait manger davantage. 

Au final, juste en devenant plus conscient de son comportement et en s’observant, Chris Dancy a perdu 45 kilos en une année seulement. « Le Quantified Self nous rend plus conscients de notre corps, de notre environnement et des interactions entre les deux », selon Carine Coulm.  

 

Propos recueillis le 26 janvier 2018, à l’occasion de la Conférence TechnoArk de Sierre (VS)

 

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