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08.03.2018

Morgane Pfefferlé, la jeune pousse qui s’épanouit dans le terreau valaisan

Démarche assurée, regard déterminé, la cofondatrice de la start-up Travelise nous guide dans le labyrinthe du TechnoArk où elle a établi son QG. La route qui l’a menée à monter son projet il y a deux ans s’est construite marche après marche.

Des bancs du collège de Saint-Maurice, elle saute dans le monde du travail en intégrant le Beau Rivage Palace à Lausanne pour son stage préparatoire à la HES-SO de Sierre. Inscrite dans la filière Tourisme, elle participe à un cours qui propose de réaliser un projet innovant sur le thème « Que changer dans le monde du tourisme » ? Les premières pierres de sa start-up sont posées.

La jeune Valaisanne poursuit sur sa lancée en intégrant le programme Business eXperience qui encourage les étudiants de la HES-SO à monter une entreprise en l’espace de dix mois. Elle est rejointe par son partenaire Alain Quartenoud. Ensemble, ils ouvrent leur plateforme de réservation en ligne de voyages surprises en septembre 2016.

Après deux ans d’incubation, ils logent à présent dans leurs propres bureaux et l’équipe s’est agrandie. Prochaine étape : offrir des voyages surprises aussi en Suisse.
 

Entretien avec Morgane Pferfferlé dans une salle de détente sierroise, qui n’a rien à envier à celles de la Silicon Valley.
 

En tant que femme, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre carrière ?
Franchement, je m’attendais à en avoir. Mais en fait, ce n’est jamais arrivé et je n’ai pas ressenti de traitement différent. Au contraire, j’ai été étonnée de réaliser qu’il y avait tellement d’événements pour soutenir exclusivement les femmes entrepreneures. Il y en a pour les hommes bien sûr, mais ils ne leur sont pas réservés. A long terme, je m’inquiète du risque de tomber dans l’autre extrême en faisant de la discrimination masculine. Au final, je me pose la question, est-ce que tout ça n’est pas un peu dépassé ? Reparler de ces choses-là, c’est revenir en arrière. Le discours a changé. Si on arrête de se poser la question du genre, cela sera positif pour tout le monde. Si on continue de véhiculer l’idée que c’est inédit qu’une femme se lance dans l’entrepreneuriat, on risque de créer des préjugés comme ceux que j’avais au départ.
Et dans une entreprise, la mixité apporte une valeur ajoutée intéressante. En fait, je ne sais pas si c’est parce que Alain est un homme et moi une femme que cela fonctionne si bien. C’est peut-être simplement parce que nous avons des profils complémentaires, indépendamment de notre genre.

 

Comment imaginez-vous concilier une famille avec votre carrière ?
Je sais que cela ne posera pas de problème. Il suffit d’être bien organisée. Après, c’est sûr que cela dépend de la santé de l’entreprise. Si elle n’est pas saine et que l’on doit travailler 15h par jour pour la maintenir à flot… on peut se demander si c’est le bon choix.
Quand on est entrepreneur, on gagne en liberté. On peut choisir les moments où l’on travaille… Le soir, les week-ends ou même en vacances si cela est nécessaire.

 

Comment ont réagi vos parents et vos amis ?
Mes parents me soutiennent depuis le début. Ma mère s’est tout de suite bien représenté le concept. Mon père avait quelques doutes… Il a suffi d’un voyage pour qu’il soit totalement conquis !
Et mes amis… ils attendaient de voir ! On parle souvent de monter des boîtes ou des projets entre étudiants, mais rares sont ceux qui vont jusqu’au bout et se lancent dans l’aventure. Quand ils ont vu que c’était sérieux, ils étaient contents pour moi.

 

Auriez-vous changé quelque chose à votre parcours ?
Quand j’ai débuté mes études à Sierre, je voulais comprendre comment on monte une entreprise. Et je me suis rendue compte que c’est la chose la plus intéressante qui puisse exister. C’est vraiment là que j’ai compris ce que je voulais être. Que le nom du travail que je voulais faire, c’était être entrepreneure.
Je regrette de l’avoir appris qu’à ce moment-là. Je crois qu’il faut qu’on fasse des progrès dans l’éducation en intégrant beaucoup plus le monde de l’entreprise dans la formation de base. Aujourd’hui, on est encore beaucoup trop formaté à « dis-moi ce que je dois faire ». On devrait favoriser une autonomie orientée objectifs et encourager les jeunes à avoir un état d’esprit moins passif.

 

Quel est votre message pour la génération future ?
Soyez audacieux et osez !
En fait, débuter comme je l’ai fait après les études, c’est idéal. On a l’habitude du train de vie d’un étudiant, à faire beaucoup avec peu. Quand vous avez 35 ans, c’est beaucoup plus dur, il y a beaucoup plus à devoir sacrifier. En tant que jeunes diplômés, on a le réflexe de se dire qu’on a besoin de gagner de l’expérience, mais ce n’est pas indispensable. On n’arrivera jamais à avoir autant d’expérience qu’en montant sa propre entreprise !

 

Petite question subsidiaire… Travelise a été soutenue par la Fondation The Ark à son lancement, notamment au travers d'une Bourse puis maintenant d'une présence dans son Incubateur de start-up. Que retenez-vous de cette collaboration ?
Elle a été très importante et nous a offert une bonne structure pour débuter. Avec la Bourse, nous avons pu créer la Sàrl et loger dans des locaux du TechnoArk. On n’était pas à la rue et c’est très rassurant. Le coaching nous a permis d’avoir une vision externe dotée d’une expertise précieuse.
Le Valais est en passe de devenir un pôle très important… L’installation du campus Energypolis, par exemple, est un signal très positif pour l’avenir.

 

 

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