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26.06.2018

Québec : une plateforme d’innovation comme base du développement de la santé digitale

Kathy Malas - Digital Health Connect

Le 15 juin dernier au TechnoArk de Sierre, plus de 180 spécialistes du domaine de la santé ont assisté à la 6e édition de Digital Health Connect, l’évènement de référence qui met en lumière les projets innovants de la digitalisation de la santé. Première oratrice de la matinée, la Canadienne Kathy Malas, qui est gestionnaire de la plateforme de l’innovation du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, était particulièrement attendue. Retour sur les améliorations apportées par cette plateforme, qui touchent autant les patients que le personnel soignant.

Avec plus de 5'560 employés, dont 500 médecins et 1500 infirmières, 330'000 patients par année et 115'000 hospitalisations, le CHU Sainte-Justine est l’un des plus importants hôpitaux du Québec. Depuis quelques années maintenant, une plateforme d’innovation a été mise en place dans le but d’améliorer la santé des patients, les conditions de travail des collaborateurs et également l’efficacité de l’organisation.

Au CHU, « l’innovation et la créativité font partie de notre ADN », explique Kathy Malas. En 2009, lorsque les premières idées d’écosystème d’innovation ouverte ont émergé, l’approche participative a tout de suite été favorisée. En effet, face aux besoins de patients qui évoluent très rapidement, la meilleure réponse est de les intégrer directement au processus d’innovation, en développant un système « For, With and By the patients ».
 

Les aspects-clés d’un écosystème d’innovation
Pour Kathy Malas, l’efficacité d’un système d’innovation ouvert dépend de trois facteurs prépondérants. Tout d’abord, la culture de l’entreprise doit promouvoir la créativité et l’intelligence, de manière individuelle et collective, mais aussi reconnaître les compétences personnelles de ces collaborateurs et les valoriser. Cela passe notamment par l’organisation d’hackathons ou d’autres évènements interdisciplinaires, qui favorisent l’échange d’idées et le travail d’équipe. De même, le leadership institutionnel soutient une vision à long terme, qui inclut la collaboration de chacun dans le processus d’innovation.

L’importance d’évènements et espaces qui favorisent la collaboration et la créativité constitue le deuxième élément clé pour une politique d’innovation efficiente.  Au CHU, une semaine de la qualité et de l’innovation est organisée chaque année. Lors de la construction de leur dernier bâtiment, des espaces de co-création ont été prévus, qui hébergent aujourd’hui cliniciens, chercheurs, industriels et patients. « Ici, on travaille en équipes plurisectorielles dès la création. On part du besoin et on co-développe, durant tout le cycle de l’innovation. », explique Kathy Malas.

Finalement, la structure organisationnelle du système d’innovation doit pouvoir s’adapter. Au CHU Sainte-Justine, il a d’abord fallu mettre en place la plateforme d’innovation, qui reçoit toutes les problématiques des professionnels et des patients. Les demandes de partenariat avec l’industrie sont également recensées sur la plateforme. Celle-ci joue alors un rôle d’accompagnement et de facilitation, en connectant les personnes adéquates, de différents secteurs, et en facilitant leurs rapports. Au sein de l’organisation du CHU, plusieurs équipes internes sont dédiées à l’innovation et soutiennent les professionnels de santé qui souhaitent innover, directement sur le terrain.



La santé, un axe prioritaire pour faire de Montréal une smart city !
La politique environnementale actuelle de Montréal veut contribuer à faire de la ville une véritable smart city. Pour atteindre cet objectif, la santé est considérée comme un des axes prioritaires. Kathy Malas termine sa présentation en mentionnant différents exemples qui ont contribué au développement de la ville, dans une approche plurisectorielle et ouverte sur l’écosystème externe. C’est le cas de M. Young qui, en partenariat avec les ressources humaines du CHU, a développé un chatbot pour mesurer le niveau de stress des employés, pour ensuite trouver des solutions pour le diminuer. Le gouvernement canadien a d’ailleurs subventionné ce projet, qui sera validé lors de la prochaine étape.
 

Propos recueillis le 15 juin 2018 au TechnoArk de Sierre
 

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