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08.03.2018

Sophia Dini, l’économiste-entrepreneure

Impossible de ne pas être emporté par la vague d’énergie de Sophia Dini quand elle commence à évoquer son parcours de vie. D’origine italienne et haut-valaisanne, elle grandit en Valais. Poussée par son père vers les études, elle quitte le canton pour suivre le cursus HEC à Lausanne.

Indépendante, Sophia Dini travaille pour payer ses cours et finit par décrocher un mandat pour l’institut de recherche en macroéconomie et un poste d’assistante universitaire. Ces missions lui donnent le goût de la recherche. En chemin pour faire un doctorat, elle renonce. Elle trouve un poste au SECO où elle développe ses compétences professionnelles. Puis c’est le retour à l’Université pour concrétiser son rêve de doctorat. Fribourg d’abord, que la jeune chercheuse quitte pour échapper à un professeur misogyne. Genève ensuite et finalement à Berkeley (USA).

L’appel des origines la ramène en Valais. Sans réseau et peu reconnue dans le monde académique, elle repère un poste à la Promotion économique de la Ville de Sion. Soutenue par un Président progressiste, la jeune économiste y est engagée.
De bataille en bataille, elle renforce son réseau, montre ses compétences et prouve la qualité de son travail. Avec la Fondation The Ark, elle collabore à la création du site technologique de PhytoArk en parallèle avec sa grossesse. Hyperactive, elle obtient le poste de déléguée de l’Etat du Valais au Campus Energypolis et fonde une entreprise de consulting, en plus de son travail d’intervenante dans les cours de pratique commerciale pour les apprentis et d’experte aux examens de maturité. Entre autres…

Rencontre avec Sophia Dini entre deux audits et deux chantiers.

 

En tant que femme, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre carrière ?
Cela n’a pas toujours été facile. On attend beaucoup plus de résultats de la part des femmes. Elles doivent prouver deux fois plus leurs compétences que les hommes et savoir se battre contre les préjugés. Je crois que les hommes ont parfois un peu peur des femmes. Cela vient d’une méconnaissance: ils ne savent pas toujours comment travailler avec nous. Le contraire est vrai aussi cela dit ! Nous devons apprendre à interagir les uns avec les autres et développer nos relations professionnelles. Je ne crois pas que nous soyons égaux au niveau des compétences. Chacun apporte des choses différentes. Il faut arrêter d’attendre des femmes qu’elles soient des hommes.

 

Comment gère-t-on une famille avec une carrière comme la vôtre ?
Je suis très dynamique et je ne pouvais pas envisager de rester à la maison sans rien faire. J’ai toujours mené les deux en parallèle, je me suis mariée, j’ai construit une maison et j’ai eu un enfant. J’ai eu un peu de peine au début avec ma vie personnelle, pour trouver un homme qui accepte de vivre avec une femme qui ambitionne de faire une carrière. Quand je suis rentrée en Valais, cela s’est fait tout naturellement et j’ai eu de la chance avec mon emploi à la Ville de Sion. J’ai eu une grossesse très facile et j’ai pu travailler à 80%. Mon chef m’a beaucoup soutenue. Au niveau administratif par contre, j’ai été très surprise. On n’a pas pris ma situation en considération et on m’a rappelé la loi et mes droits en suivant une check-list. Je savais avant même mon congé maternité que je ne souhaiterai pas renoncer à mon travail. Je suis persuadée que si j’avais été un homme, jamais on ne m’aurait parlé de cette façon.
Concilier la vie professionnelle avec la vie familiale n’est pas toujours facile, j’espère qu’à l’avenir il y aura une plus grande flexibilité au travail pour les femmes mais également pour les hommes. A ce niveau, l’Etat est très progressif. On a la possibilité d’avoir des horaires libres, du télétravail et du job sharing et c’est vraiment en adéquation avec le monde du travail actuel.

 

Est-ce que vous avez entendu des remarques au sujet de votre carrière?
Ma famille est très fière de moi. J’ai grandi dans une culture du travail, où l’argent signifie également liberté. Avec mon mari, cela se passe vraiment bien. Il me soutient, il s’occupe de notre enfant aussi, car il peut aussi travailler à temps partiel.
J’ai été critiquée par d’autres femmes. Elles estimaient que je ne m’occupais pas bien de mon enfant. Je regrette beaucoup ce manque de solidarité féminine.
Mais j’ai une grande capacité à oublier les mauvais pas. Je sais me détacher de ces remarques et je ne le prends pas personnellement.

 

Auriez-vous changé quelque chose à votre parcours ?
J’aurais aimé avoir plus de soutien. Je me suis construite toute seule, tout au long de ma carrière. Parfois, j’aurais apprécié avoir un mentor et demander de l’aide plus souvent.

 

Quel est votre message pour la jeune génération ?
Ne vous laissez pas influencer et n’écoutez pas les gens qui vous critiquent. Construisez votre vie pour que vos rêves se réalisent.
Et surtout, soignez votre réseau. Il m’a été utile à toutes les étapes de ma vie professionnelle. Il ouvre des portes et offre des opportunités qui peuvent faire vraiment la différence.

 

 

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