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11.02.2016

A Sierre, Richard Stallman lance un plaidoyer pour une société digitale totalement libre

Le père du logiciel libre, l’Américain Richard Stallman, a donné une intense conférence ce mercredi au TechnoArk de Sierre. Invité par la Fondation The Ark dans le cadre d’une tournée en Europe, le natif de New York a fait l’apologie d’une société digitale libre, loin des barrières actuelles montées dans différents domaines de la vie quotidienne. Le show de plus de deux heures, donné à pieds nus, a attiré plus de 200 personnes acquises à sa cause.

Durant plus de 120 minutes, Richard Stallman, membre du Hall of Fame de l’Internet, s’est exprimé en français. Il a passé en revue la quasi-totalité des thèmes qui touchent au numérique dans la société actuelle: musique, vote électronique, droits d’auteur, programmes et logiciels, liberté d’expression…

Le Swisspass en cause
Richard Stallman estime que la plupart des produits digitaux proposés à la population permettent un flicage et un espionnage en règle des citoyens. Son séjour en Suisse lui a permis par exemple de repérer le nouveau Swisspass des CFF. « Il s’agit d’un exemple de flicage d’un moyen de transport ». Ce flicage se retrouve également dans les smartphones ou même dans les liseuses numériques du géant Amazon.

Censure pas vaincue par Internet
Le conférencier du jour a aussi rappelé l’importance des lanceurs d’alerte, comme Edward Snowden. « Ils servent à mettre au jour ce que font les Etats pour exercer leur contrôle. Le niveau de flicage est maintenant trop haut », a-t-il martelé.

La censure est également une menace à notre liberté. « Internet n’a pas vaincu la censure. Les Etats peuvent toujours censurer l’Internet pour parvenir à leurs buts ». Selon Richard Stallman, l’Internet actuel n’est pas si libre que cela. « Nous avons besoin des services d’un fournisseur d’accès, d’un prestataire de nom de domaine, d’un hébergeur… Chacun peut bloquer une collaboration, presque arbitrairement. Cela s’est vérifié lorsque l’on a essayé de chasser WikiLeaks d’Internet ».

Le pistage de Facebook
Les sites internet permettent également de pister les utilisateurs, à l’image de Facebook. « Ce dernier flique aussi les gens, notamment via les sites qui proposent des boutons « Like » sur leurs pages ». Facebook peut ainsi fliquer tous les utilisateurs… sauf ceux qui emploient le navigateur IceCat, développé par Stallman et la Free Software Foundation. « Parfois, la liberté exige un sacrifice : celui de ne pas visiter certains sites ! »

Le vote électronique a également été évoqué par le conférencier du jour. « Je préconise de ne pas confier aux ordinateurs le droit de voter. Il est trop facile de faire de la fraude invisible et centralisée ». Richard Stallman a pris l’exemple de l’Estonie, dont le plus grand danger dans son système de vote électronique n’est pas intérieur, mais l’ « armée Internet de la Russie ». Seuls quelques experts peuvent détecter les fraudes, et encore. De plus, les programmes évoluent rapidement. Ce qui est vrai un jour ne l’est peut-être plus le lendemain. « Avec les votes papier, on peut vérifier les chiffres, mais pas avec l’ordinateur ».


Quelques sites pour en savoir davantage sur Richard Stallman et la Free Software Foundation :


Note : Nous avons volontairement omis d’illustrer cet article avec des photos de Richard Stallman, qui ne souhaite pas une diffusion de celles-ci sur les réseaux sociaux.

Propos recueillis le 10 février 2016 au TechnoArk de Sierre

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