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25.12.2018

Des médicaments personnalisés, uniques et en 3D !

Digital Health Connect - Sarah Trenfield

Imprimer des médicaments 3D sur mesure et directement en pharmacie, une solution réaliste ? C’est la vision à laquelle aspire FabRx, une spin-off de l’University College London spécialisée dans le développement de médicaments et de dispositifs médicaux imprimés en 3D. Cette jeune entreprise voit un fort potentiel dans l’impression de pilules 3D pour la médecine.


Senior Formulation Scientist chez FabRx, Sarah Trenfield est venue présenter la position de l’entreprise lors de Digital Health Connect, au TechnoArk de Sierre. Après l’obtention de son Master en pharmacie en 2015, la jeune scientifique a d’abord travaillé chez Merk, Sharpe et Dohme (MSD) et au Guy St. Thomas’s Hospital NHS Foundation Trust. Elle a rejoint FabRx il y a deux ans maintenant et se focalise sur les traitements personnalisés.
 

L’impression 3D, comment ça marche ?
La technologie d’impression 3D pose le matériel couche après couche et crée ainsi des objets complexes et uniques. Cette technologie est déjà utilisée aujourd’hui, notamment par les dentistes ou pour la médecine tissulaire. A ce jour, des reins ont déjà été imprimés en 3D, de même que des oreilles !

L’impression de pilules repose sur 3 axes, selon Sarah Trenfield. « Pour le dire simplement, j’ai maintenant défini les « 3 D » de l’impression 3D : design, développement et distribution. » Le design est primordial lors de la conception du médicament. Il permet par exemple de déterminer le format adéquat d’une pilule destinée à une personne âgée, qui ne pourrait prendre un médicament trop gros.

 

Les nombreux avantages de l’impression 3D
L’impression 3D associée au domaine de la pharma apporte de nombreux avantages. Déjà en termes de flexibilité des dosages : la 3D permet d’influencer la taille et le dosage du médicament. Il a été démontré que certaines formes et tailles sont mieux acceptées par les patients, comme par exemple la forme de donut. La technologie 3D est également très rapide. « Il est aujourd’hui possible d’imprimer 30 comprimés en dix minutes, pour la personnalisation des médicaments c’est très intéressant ! », explique la pharmacienne.

Grâce à l’impression 3D, la production est désormais décentralisée. L’imprimante, petite et facilement transportable, peut être mise n’importe où, en pharmacie comme dans les endroits où ont lieu des catastrophes. Ce qui représente un grand avantage pour pallier à la difficulté d’acheminement de médicaments, à certains endroits de la planète !

Cette technologie permet également de produire des doses uniques de forme. « En tant que pharmacienne, j’ai donné une fois 28 médicaments différents pour une seule personne ! Avec l’imprimante 3D, on peut mettre plusieurs médicaments dans la même tablette. » 
 

Des défis à relever en termes de régulation 
L’utilisation d’imprimantes 3D et la production de médicaments soulèvent de nombreux défis. En effet, acheter une imprimante 3D et des éléments chimiques devrait être possible et toute personne pourrait désormais produire ses propres médicaments. Comment assurer dès lors la conformité des médicaments et l’intégrité de la formulation ? « Les politiques vont devoir légiférer, et c’est un grand défi. », souligne Sarah Trenfield.
 

Propos recueillis le 15 juin 2018 au TechnoArk de Sierre
 

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