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26.11.2019

Agir contre le réchauffement climatique : une nécessité !

Hausse des températures, augmentation du nombre de journées tropicales, multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, raréfaction de la neige, fonte des glaciers : le climat change. Et cela n’est pas sans incidence sur le domaine de l’eau, notamment dans les régions de montagne. Les constats posés par la prof. Martine Rebetez, qui s’exprimait lors de la première conférence Smart Water au Châble, sont très clairs. Si le monde continue sur le même rythme, les scénarios catastrophes vont se multiplier. Il est donc important d’agir dans tous les domaines, notamment les bâtiments, la nourriture et les transports.  

Si l’on ne fait rien, les températures vont inexorablement augmenter. Au niveau géographique, toute la surface de la Terre ne voit pas la même augmentation de température. « La hausse est plus conséquente au niveau continental, moins dans les régions océaniques en raison des océans qui absorbent une partie de la chaleur », précise Martine Rebetez.  

En Suisse, nous avons une augmentation deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. Ceci s’explique par le fait que nous nous situons dans une zone continentale. « Le phénomène est amplifié par la fonte rapide des neiges. Une partie du rayonnement ne repart plus vers le soleil sur les surfaces qui ne sont plus enneigées ».   

Autre phénomène marquant au niveau des températures : le nombre de nuits à températures élevées. On en comptait environ 40 dans les années 40. « Depuis 2003, c’est presque le double ». Ce réchauffement a une incidence sur la végétation, qui se réveille de plus en plus tôt au printemps. Avec, à la clé, une augmentation du risque de gel. 
 

Impossible de tout protéger 
Le changement climatique a également des répercussions sur les précipitations. « Nous pouvons passer du simple au double suivant les années. Mais on tend à une réduction pendant l’été et une légère augmentation durant l’hiver ». Cela conduit donc à davantage de sécheresse en été, avec augmentation des risques d’incendie, et des précipitations de plus en plus intenses.  

Ces phénomènes peuvent être gérés, notamment en donnant davantage de place aux cours d’eau, ou encore grâce à des infrastructures contre les laves torrentielles. « Les techniques existent, mais le nombre de torrents, de routes et de villages exposés est énorme, notamment en Valais. On pourrait tout protéger, mais à quel coût et à quel rythme ? », se demande Martine Rebetez. Des décisions devront être prises. « Il est important de ne pas oublier les coûts du changement climatique. Puisqu’il y a, sans surprise, davantage de coûts que de bénéfices ».
 

Impact aussi sur la neige et les stations 
Le changement climatique a également un impact sur la neige, qui se réduit à toutes les altitudes. Le manque de neige se fait sentir pour un tiers en début de saison et pour deux tiers en fin de saison. Cela pose problème en raison de notre organisation et des vacances de Noël en début de saison. C’est moins problématique en fin de saison.  

Les autres phénomènes extrêmes comme les orages, les vents ou la grêle sont difficiles à mesurer. « Mais si on augmente les températures, il y a davantage d’énergie dans le système et donc davantage de risques que ce type de phénomènes se produisent ».
 

Davantage de solaire pour électrifier la mobilité ? 
La Suisse n’est pas touchée, mais la montée du niveau des mers est également préoccupante. La hausse est d’environ 20 à 30 centimètres par an, notamment en raison de la fonte des glaces, mais aussi du volume d’eau. L’eau chaude prend en effet davantage de place que l’eau froide. « On peut s’attendre à une hausse d’un mètre d’ici la fin du siècle. Cela pose des questions pour des régions comme Venise. Mais si cela continue, la hausse atteindra plusieurs dizaines de mètres, à terme ».  

La cause de ce réchauffement climatique est principalement due aux gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère, notamment le dioxyde de carbone et le méthane. Pour y remédier, il est important d’investir dans le solaire et les bâtiments à énergie positive. « Avec davantage de solaire, on pourrait électrifier le parc automobile ». Quoi qu’il arrive, le tournant énergétique est nécessaire pour éviter les scénarios catastrophes, selon Martine Rebetez. Reste qu’il faut agir dans tous les domaines : bâtiment, transport, nourriture, consommation de biens manufacturés, finance et politique. 

 

Propos recueillis le 15 novembre 2019 lors de la conférence Smart Water au Châble 

 

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